«Sidney, lundi, 20 septembre 1852.
»Je monte à cheval dans une heure.
»J’ai employé mes dernières ressources; après avoir vendu tout ce que j’avais pour acheter un cheval, je pars pour les mines.
»Je vais dans l’intérieur des terres, à deux cents lieues d’ici.
»Il me faut de onze à quinze jours pour arriver.
»J’ai un pressentiment que je n’en reviendrai pas.
»Outre la fatigue du voyage, c’est un métier si dur, que je ne crois pas pouvoir y résister, et si j’y résistais, il y a trop de chances contre moi pour y réussir.
»Je ne veux pas me mettre en route, Céleste, sans t’adresser mes derniers adieux, toi qui as été le seul amour de ma vie et dont le souvenir et la pensée ne me quitteront qu’avec la vie.
»On dirait que mon amour pour toi s’est augmenté en raison du mal que tu m’as fait.