La route monte et côtoie des ravins d’une profondeur immense.
Nous entrons dans une forêt d’arbres gigantesques, comme je n’en ai jamais vus en Europe.
Par moment l’œil plonge dans des gorges à perte de vue, et à mesure que nous nous élevons, nous découvrons en nous retournant les plaines et les prairies que nous avons parcourues.
Toutes les fois que mon imagination s’exalte, mon cœur et mes pensées se reportent vers Céleste.
J’ai cueilli une petite branche d’une délicieuse bruyère sur le bord du chemin, me promettant de la lui envoyer dans ma première lettre.
A six heures du soir, nous avons été pris par la pluie et par la nuit.
Plus on s’éloigne de Sydney, plus les chemins sont mauvais; enfin, moitié à pied, moitié à cheval, nous sommes arrivés à sept heures du soir à Blue.
Mon pauvre cheval est complétement abîmé sur le dos.
Cependant, grâce à un bon feu pour moi, une bonne paille pour mon cheval, nous pourrons, j’espère, recommencer demain.
Sur les quatre heures et demie, nous avons rencontré un break à quatre chevaux revenant de Bathurst.