Quoi! votre ame à l'amour rebelle,
Prétend ne jamais s'enflammer?
C'est pour plaire que l'on est belle,
Et doit-on plaire sans aimer?
Le soupçon même a quelques charmes:
Heureux qui sait nous l'inspirer!
Il est doux de causer nos larmes,
Et plus doux de nous rassurer.
Bazine.
En aimant, que d'inquiétude!
Sans son amant plus de repos,
Loin de lui, tout est solitude,
Il fait notre joie ou nos maux.
On ne jouit qu'en sa présence,
On ne croit rien que ses discours.
O mon heureuse indifférence!
Puissé-je te chanter toujours!
Berthilie.
Douce image de la tendresse,
Venez dissiper sa froideur;
Amour, de ta brûlante ivresse,
Fais-lui connoître le bonheur.
L'univers éprouve ta flamme,
Et par toi seul, pour être heureux,
Tout renaît, jouit, prend une ame,
Et sent le charme d'être deux.
La princesse, pressée de nouveau par Bazin, chanta seule la romance suivante:
LE PRINTEMS,
Romance.
Tout renaît, les fleurs, la verdure,
Tout nous annonce le plaisir,
Et chaque souffle du zéphir,
Semble un soupir de la nature.
Seule au milieu d'un si beau jour,
Dois-je languir sans espérance,
Quand il me reste encore l'amour,
La douce amitié, l'innocence?