Nous croisâmes nos remplaçants sur la route de Paris.

Monsieur le duc d'Orléans et monsieur le duc de Nemours étaient au camp et n'arrivèrent que le lendemain pour le bal qui se donnait le jour de naissance du Roi. Il eut lieu dans la galerie de Henri II et fut très brillant. J'aurais assez aimé à en voir le coup d'œil; mais, il était fort rationnel que la fournée du bal fut composée de jeunes femmes. Elle fut la troisième et la dernière.

Le beau temps tint fidèlement compagnie à tout ce voyage dont chacun revint enchanté.

Cet admirable Fontainebleau, égayé et ranimé, semblait une résurrection qui plaisait à toutes les imaginations; si quelques grogneries s'élevèrent, elles ne parvinrent pas jusqu'à moi.

FÊTES À FONTAINEBLEAU
POUR LE MARIAGE
DE M. LE DUC D'ORLÉANS EN 1837.

OUVERTURE DE VERSAILLES
I

Malgré la satisfaction que nous causait le mariage de monsieur le duc d'Orléans, nous n'apportions pas à Fontainebleau, lorsque nous fûmes appelés à y assister, la même disposition qu'au moment du voyage de 1834.

Le ciel s'était bien rembruni depuis deux ans. La catastrophe où Fieschi avait joué un rôle si atroce, mais si étrange, avait été suivie de tentatives sur la vie du Roi qui se renouvelèrent plusieurs fois. D'autres étaient perpétuellement dénoncées comme imminentes; pas une journée ne s'écoulait sans que des révélations plus ou moins fondées ne vinssent entretenir un constant effroi.

L'attentat d'Alibaud, surtout ses propos, sa conduite pendant le procès, son attitude sur l'échafaud avaient frappé d'épouvante la famille royale et fait tressaillir même le cœur du Roi, jusque-là si intrépide.

Il se tint pour victime dévouée, et ne douta pas que le 28 juillet 1836, jour de la revue, ne dût être le dernier d'une existence qu'il regrettait d'autant plus vivement qu'il se savait encore bien nécessaire à son pays et à sa famille.