Au mois de janvier 1838, elle fut très malade à Rochecotte, et il y eut un moment de danger. Elle profita de cette occasion pour reprocher le lendemain à monsieur de Talleyrand de ne l'avoir pas avertie. Elle établit qu'ils s'étaient réciproquement promis la vérité en pareille conjoncture, s'expliqua sur les convenances à garder et finit par regretter de n'avoir pas envoyé chercher le curé.

«Quoi! cet ivrogne?» grommela monsieur de Talleyrand, et il n'ajouta pas un mot.

Madame de Dino manda cet échec au duc de Noailles, son admirateur passionné et son confident zélé dans cette œuvre pie.

Toutefois, monsieur de Talleyrand se préparait, à part lui, à éviter le scandale.

Pauline de Talleyrand avait fait sa première communion, était restée pieuse comme un petit ange et entretenait souvent son oncle de son confesseur l'abbé Dupanloup.

Un jour où elle en parlait, bientôt après leur arrivée à Paris, monsieur de Talleyrand dit: «Madame de Dino, il faut prier l'abbé Dupanloup à dîner.» Madame de Dino s'empressa d'obéir; l'abbé vint. Le hasard fit qu'il tomba sur un dîner où la société était légère et le langage mondain.

Quelques jours après, il reçut une nouvelle invitation, qu'il refusa. En l'apprenant, monsieur de Talleyrand dit: «Vous me l'aviez donné pour un homme d'esprit. C'est donc un sot que cet abbé... Cela ne comprend donc pas!»

Madame de Dino, profitant de cette légère ouverture et, ne se sentant pas le courage d'entamer cette question en paroles, écrivit à monsieur de Talleyrand une longue lettre, qu'on m'a dit être un chef-d'œuvre de logique et de raisonnement, pour lui montrer la nécessité de se réconcilier avec l'Église.

Monsieur de Talleyrand y répondit en lui envoyant la minute d'une déclaration qu'il l'autorisa à communiquer à l'abbé Dupanloup et, par lui, à l'archevêque. Ceci se passait le 10 mars. Le même jour, monsieur de Talleyrand prononçait à l'Académie l'éloge de monsieur Reinhard.

Il était fort occupé de cette journée de représentation, il la regardait évidemment comme son adieu au public. Selon son usage, il avait fait faire son discours.