PAOLO
—Qui? la dona Isabella, bonne de M. de Nancé. Où est-elle? chez M. de Nancé, son maître, qui n'a plus besoin de la dona, puisque le petit François est avec son papa.
M. DES ORMES
—C'est très bien, mais je ne veux pas livrer la pauvre Christine à une seconde Mina, et je veux savoir ce que c'est que cette Isabelle.
PAOLO
—Oh! Signor! cette Isabella est oun anze, et la Mina est oun démon. Le petit Francesco aime la Isabella comme sa maman, et la petite Christina déteste la Mina comme oune diavolo (diable). C'est oune différence cela; pas vrai, Signor? Avec la Mina, Christinetta était oune pauvre misérable; avec la Isabella, elle sera heureuse comme oune reine! Voilà, Signor! Zé cours chercher la Isabella.
Et Paolo courait déjà, lorsque M. des Ormes l'appela et l'arrêta.
—Attendez, mon cher; donnez-moi le temps d'en parler à ma femme.
PAOLO
Pas besoin, Signor. Vous verrez la Isabella, vous la prendrez, et la Signora votre épouse dira: «C'est bon». Dans oune minoute, zé serai de retour».