MADAME DES ORMES
—Vous désirez entrer chez moi? D'après la lettre de M. de Nancé, je n'ai aucun renseignement à prendre; vous aviez six cents francs de gages chez M. de Nancé; je vous en donne sept cents et tout ce que vous voudrez, pour que je n'entende plus parler de rien et qu'on me laisse tranquille. Entrez chez moi tout de suite: je n'ai personne auprès de ma fille. Tenez, emmenez Christine avec ses livres et ses paperasses. Monsieur Paolo, vous allez lui donner la leçon là-haut dans sa chambre.
—Et le piano, Signora?
—Je ne veux pas qu'elle touche au piano du salon; faites comme vous voudrez, ayez-en un où vous pourrez, pourvu que je n'aie rien à acheter, rien à payer, et qu'on ne m'ennuie pas de leçons et de tout ce qui les concerne. Au revoir, Monsieur Paolo; allez, Isabelle; va-t'en, Christine.
Et elle disparut. Paolo tout démonté, Isabelle fort étonnée, Christine très ahurie, quittèrent le salon; Christine succombait sous le poids des livres et des cahiers; Isabelle les lui retira des mains; Paolo les prit à son tour des mains d'Isabelle.
—Permettez, dona Isabella, c'est trop lourd pour vous. Mais... où faut-il les porter, Signorina Christina?
CHRISTINE
—En haut, dans ma chambre. Qui est cette dame? demanda-t-elle tout bas à Paolo.
PAOLO
—C'est la bonne que vous a donnée votre ami François; c'est sa bonne, dona Isabella.