MADAME DES ORMES
—Dieu! que vous m'ennuyez, mon cher Paolo! Qu'elle fasse ce qu'elle voudra, qu'elle vienne quand elle pourra, mais qu'on me laisse tranquille, qu'on ne m'ennuie pas de ces bonnes, de Christine, de François. Que je suis malheureuse d'avoir tout à faire dans cette maison.
PAOLO
—Mais, Signora, la Christina est votre chère fille; il faut bien que vous fassiez comme toutes les mama.
MADAME DES ORMES
—Allez-vous me faire de la morale, mon cher Paolo? Je suis fatiguée, éreintée, j'ai mille choses à faire: je dois dîner demain chez Mme de Guilbert; il est quatre heures, et je n'ai rien de prêt, ni robe, ni coiffure. Jamais je n'aurai le temps avec toutes ces sottes affaires. Faites pour le mieux, mon cher Paolo; arrangez tout ça comme vous aimerez mieux, mais de grâce, laissez-moi tranquille.
Mme des Ormes repoussa légèrement Paolo, ferma la porte et sonna sa femme de chambre pour se faire apporter ses robes blanches, roses, bleues, lilas, vertes, grises, violettes, unies, rayées, quadrillées, mouchetées, etc., afin de choisir et arranger celle du lendemain.
Paolo remonta chez Christine, raconta à sa manière ce qui s'était passé entre lui et Mme des Ormes. Il fut décidé que Paolo donnerait à Christine sa leçon, qu'il remmènerait Isabelle chez M. de Nancé et qu'elle viendrait le lendemain assez à temps pour habiller Christine, qui devait aller dîner chez Mme de Guilbert.