Malgré l'humeur qu'ils témoignaient ils ne voulurent pas que Mme de Sibran écrivît à François pour l'empêcher de venir. Le lendemain, François arriva à une heure; ni Maurice ni Adolphe ne bougèrent ni ne parlèrent quand il entra chez eux et qu'il leur dit bonjour d'un air affectueux.

FRANÇOIS

—Vous avez bien souffert et vous souffrez encore beaucoup?...

Pas de réponse.

FRANÇOIS

—Nous avons été tous bien tristes de votre accident... Papa a envoyé tous les jours savoir de vos nouvelles... Dès que j'ai su que vous alliez un peu mieux, j'ai bien vite demandé la permission de venir vous voir... Vous surtout, pauvre Maurice, qui ne pouvez pas faire un mouvement... Je vous fatigue peut-être?... Dites-le moi franchement; je reviendrai demain ou après-demain...

Le pauvre François était un peu embarrassé; il ne savait s'il devait rester ou s'en aller; il attendit encore quelques minutes, et, Maurice et Adolphe persistant à garder le silence, il se leva.

—Adieu, Maurice; adieu, Adolphe; je reviendrai vous voir avec papa, et je ne resterai pas longtemps, pour ne pas vous fatiguer.

Le bon François sortit un peu triste du mauvais accueil que lui avaient fait ces garçons dont il avait déjà eu tant à se plaindre; mais, toujours bon et généreux, il se dit:

—Il ne faut pas leur en vouloir, à ces pauvres malheureux! Ils souffrent; peut-être que le bruit leur fait mal... Je verrai une autre fois à leur parler de choses qui les amusent.