—Mon pauvre ami! Mon pauvre Maurice! Quel malheur! Mon Dieu, quel malheur!
François soutint dans ses bras Maurice prêt à défaillir; il le fit asseoir, resta près de lui, et pleura avec lui et sur lui.
—Du courage, mon ami, lui dit-il après quelques instants; ne perds pas l'espoir de redevenir ce que tu étais. Tu es faible à présent, tu ne peux pas te redresser ni te tenir sur tes jambes; dans quelques jours, quelques semaines au plus, tu retrouveras des forces et tu te tiendras droit comme avant.
MAURICE
—Non, non, François; je sens que je ne me tiendrai jamais droit. Et mes jambes?... Comment se redresseraient-elles? elles sont contournées et tortues. Et l'épaule? Comment s'aplatirait-elle et redeviendrait-elle ce qu'elle était? Regarde-moi et regarde-toi. Eh bien! moi qui me suis tant moqué de ton infirmité, qui t'ai ridiculisé et tourmenté, j'en suis réduit à envier ton apparence. Je n'oserai jamais me montrer; je ne sortirai plus de ma chambre.
FRANÇOIS
—Tu auras tort, mon pauvre Maurice; tu te rendras malade, tu t'ennuieras horriblement et tu souffriras bien plus.
MAURICE
—Crois-tu que ce soit agréable de voir tout le monde rire et chuchoter, d'entendre crier les petits enfants: Un bossu, un bossu! Venez voir un bossu!
FRANÇOIS. souriant.