Mme des Ormes, enchantée, serra la main de M. de Nancé, baisa Christine au front.
—Tu as bien raison, Christine, aime-le bien... et appelle-le ton père, car il est cent fois meilleur que ton vrai père. Au revoir cher Monsieur de Nancé; je viendrai très souvent vous voir. Et ne craignez pas que je vous enlève Christine: non, non; puisque vous y tenez, gardez-là en souvenir de moi. Adieu, mon ami.
M. de Nancé la salua profondément et la reconduisit jusqu'à sa voiture. Elle y était déjà montée et M. de Nancé s'en croyait débarrassé, lorsqu'elle sauta à terre et remonta le perron.
—Et Paolo que j'oublie! Christine, va me le chercher... Dieu! qu'elle est grande, cette fille! dit Mme des Ormes en la regardant courir pour exécuter l'ordre de sa mère. C'est vraiment ridicule d'avoir une fille si grande pour son âge; elle est encore grandie depuis mon retour, Ne craignez-vous pas, cher Monsieur de Nancé, en la laissant vous appeler son père, qu'elle ne vous vieillisse terriblement?
—Je ne crains rien dans ce genre, répondit M. de Nancé en souriant. François a quatorze ans, et je ne cherche pas à me rajeunir.
MADAME DES ORMES
—Vous avez l'air si jeune. Quel âge avez-vous?
M. DE NANCÉ
—J'ai quarante ans, Madame.
MADAME DES ORMES