—Ce n'est pas moi qui dispose de la main de ma nièce, mon cher Adolphe, c'est elle-même avant tout; ensuite, ce sont ses parents, et enfin, et dominant tout, c'est M. de Nancé, qu'elle a adopté pour père, et qu'elle aime avec une tendresse extraordinaire.
ADOLPHE
—Pour commencer par Christine elle-même, chère Madame, ayez la bonté de lui parler aujourd'hui et de me faire savoir de suite où je dois adresser ma lettre de demande à M. et Mme des Ormes.
MADAME DE CÉMIANE
—Je ferai ce que vous désirez, Adolphe, mais je ne suis pas aussi certaine que vous du succès de votre demande.
ADOLPHE
—Oh! Madame, vous plaisantez! Une pauvre fille abandonnée par ses parents, élevée par un étranger, avec un vilain bossu pour tout divertissement, enfermée ensuite dans un couvent, est trop heureuse qu'on veuille lui donner une position agréable et indépendante en l'épousant; elle a de l'esprit, elle sera fort riche, elle est charmante, elle me plaît enfin, et je vous demande instamment de m'aider à ce mariage qui me donnera le droit de vous appeler ma tante.
Adolphe baisa la main de Mme de Cémiane en l'appelant «ma tante» et s'en alla.
Mme de Cémiane hocha la tête et fit appeler Christine, à laquelle elle communiqua la demande d'Adolphe.
—Que dois-je lui répondre, ma chère enfant?