MADAME DE CÉMIANE
—Avant de refuser si positivement, écris à M. de Nancé. Songe donc à ta position, ma pauvre enfant. Je ne dois pas te dissimuler que ta mère a beaucoup dérangé sa fortune par ses dépenses excessives. Que deviendrais-tu si je venais à te manquer?
CHRISTINE
—J'écrirai à M. de Nancé, ma tante, mais pour lui dire que j'aimerais mieux mourir que d'épouser Adolphe ou tout autre.
MADAME DE CÉMIANE
—Comment, tu ne veux pas te marier?
CHRISTINE
—Non, ma tante; quoi qu'il arrive, je serai plus heureuse qu'avec un mari que je ne pourrais souffrir, je le sais, j'en suis sûre.
MADAME DE CÉMIANE
—Comme tu voudras, Christine; cette aversion du mariage adoucira le coup que je vais porter à Adolphe, qui était si sûr de ton consentement. J'écrirai de mon côté à M. de Nancé pour lui raconter notre conversation. Au revoir, ma petite Christine; va faire ta lettre pendant que j'écrirai la mienne.