La bonne prit le bras de Christine, et, sans lui donner le temps d'embrasser Gabrielle, elle l'emmena hors du salon. La pauvre Christine tremblait; elle craignait beaucoup sa bonne, qui était injuste et méchante. La bonne la poussa dans la carriole qui venait la chercher, y monta elle-même; la carriole partit.
—Christine pleurait tout bas; la bonne la grondait, la menaçait en allemand, car elle était Allemande.
LA BONNE
—Je dirai à votre maman que vous avez été méchante; vous allez voir comme je vous ferai gronder.
CHRISTINE
—Je vous assure, ma bonne, que je suis venue tout de suite. Je vous en prie, ne dites pas à maman que j'ai été méchante; je n'ai pas voulu vous désobéir, je vous assure.
LA BONNE
—Je le dirai, Mademoiselle, et, de plus, que vous êtes menteuse et raisonneuse.
CHRISTINE, pleurant.
—Pardon, ma bonne; je vous en prie, ne dites pas cela à maman, parce que ce n'est pas vrai.