—Comment? elle te laisse toute seule?

CHRISTINE

—Oui, toujours quand je suis couchée.

M. DES ORMES

—Veux-tu que je l'appelle?

—Oh! non! non! Laissez-la, je vous en prie, papa, s'écria Christine avec effroi.

—Pourquoi as-tu peur d'elle?

Christine ne répondit pas. Son père insista pour savoir la cause de sa frayeur; la petite finit par répondre bien bas:

—Je ne sais pas.

Ne pouvant en obtenir autre chose, il quitta Christine, triste et préoccupé. Sa conscience lui reprochait son insouciance pour elle et le peu de soin qu'il prenait de son bien-être, sa femme ne s'en occupant pas du tout. Quand il rentra au salon, il trouva Mme des Ormes d'assez mauvaise humeur; il ne lui reparla plus de Christine ni de Mina, mais il forma le projet de surveiller la bonne et de la faire partir à la première méchanceté ou calomnie dont elle se rendrait coupable.