—Bonjour, Christine. Pourquoi n'es-tu pas venue chez moi?
CHRISTINE
—Maman, j'attendais ma bonne, qui m'avait défendu de sortir sans elle.
MADAME DES ORMES
—Mina a toujours des idées baroques! Quelle nécessité d'enfermer cette enfant et de l'empêcher de venir dans ma chambre! Et toi, Christine, si tu avais eu un peu d'esprit, tu n'aurais pas attendu la permission de Mina... Comme tu es rouge, Christine; tu n'es pas jolie, ma pauvre fille!
M. DES ORMES
—Il est impossible de savoir si elle a de l'esprit puisqu'elle ne parle guère, devant nous, du moins; et, quant à sa laideur, je ne puis vous l'accorder, car elle vous ressemble extraordinairement.
M. des Ormes sourit malicieusement en disant ces mots, et voulut aider sa femme à monter en voiture; mais elle le repoussa en disant avec humeur:
«Laissez-moi; je monterai bien sans votre aide».
Il prit Christine dans ses bras et voulut la mettre dans la voiture, près de sa mère.