Mme des Ormes était déjà entrée au salon, et Christine se laissa aller à la joie; Gabrielle et Bernard l'emmenèrent dans leur chambre, où elle trouva sa poupée étendue sur un joli petit lit et habillée en robe de mousseline blanche, avec un voile comme pour une première communion. Christine ne cessait de remercier Gabrielle et Bernard aussi, qui avait travaillé avec le menuisier au petit lit de la poupée. François ne tarda pas à se joindre à ses amis; Christine lui témoigna sa joie de le revoir. Pendant que son coeur se dilatait et que sa langue se déliait, Mme des Ormes faisait la gracieuse avec M. de Nancé que lui avait présenté Mme de Cémiane et l'Italien qui saluait et qui faisait son possible pour plaire à Mme des Ormes, afin d'être engagé à aller la voir, ce qui lui ferait une connaissance de plus.
Il avait bien vite deviné que c'était à Mme des Ormes qu'il fallait plaire pour être admis chez elle; aussi ne cessa-t-il de chercher les occasions de lui être agréable; elle laissa tomber une épingle qui attachait son châle, Paolo se précipita à quatre pattes pour la chercher.
MADAME DES ORMES
—Ce n'est pas la peine, Monsieur Paolo: une épingle n'a rien de précieux.
PAOLO
—Oh! oune épingle portée par vous, bella Signora, est oune trésor.
MADAME DES ORMES
—Joli trésor! Voyons, Monsieur Paolo, finissez vos recherches; je vous répète que ce n'est pas la peine.
PAOLO
—Zamais, Signora; zé resterai ployé vers la terre zousqu'à la trouvaille dé cé trésor.