—C'est la seconde fois que vous me faites cette bonne promesse, Monsieur Paolo; mais si vous pouvez réellement redresser mon fils, pourquoi ne le faites-vous pas tout de suite?

—Patience, Signor mio, zé souis médecin. A présent, impossible, l'enfant grandit; à dix-huit ou vingt ans, c'est bon; mais avant, mauvais.

M. de Nancé soupira et sourit tout à la fois en regardant François, dont le visage exprimait le bonheur et la gaieté. Il causait d'un air fort animé avec ses amis; tous parlaient et riaient, mais à voix basse, pour ne pas troubler la conversation des grandes personnes.

IV

LES CARACTÈRES SE DESSINENT

Le déjeuner était fort avancé, Bernard demanda à sa mère s'il pouvait sortir de table avec Gabrielle, Christine et François. La permission fut accordée sans difficulté, et les enfants disparurent pour s'amuser dans le jardin.

CHRISTINE

—Mon bon François, comme je te remercie d'avoir pris ma défense! Je ne savais plus comment faire pour manger comme maman voulait.

FRANÇOIS

—C'est pour cela que j'ai parlé pour toi, Christine: je voyais bien que tu n'osais plus manger, que tu avais envie de pleurer. Ça m'a fait de la peine.