PREMIER SERVICE. RENDU PAR PAOLO A CHRISTINE

François répondit poliment à l'adieu que lui adressèrent Maurice et Adolphe, un peu embarrassés vis-à-vis de lui depuis qu'ils savaient que M. de Nancé était son père. M. de Nancé passait dans le pays pour avoir une belle fortune; et il avait la réputation d'un homme excellent, religieux, charitable et prêt à tout sacrifier pour le bonheur de son fils. Son grand chagrin était l'infirmité du pauvre François qui avait été droit et grand jusqu'à l'âge de sept ans, et qu'une chute du haut d'un escalier avait rendu bossu. Quand Mme de Guilbert l'engagea à dîner, il commença par refuser; mais, Mme de Guilbert lui ayant dit que François était compris dans l'invitation, il accepta, pour ne pas priver son fils d'une journée agréable avec ses amis Bernard, Gabrielle et surtout Christine. Toute la société se dispersa une heure après le départ des Sibran et des Guilbert. Christine promit à ses cousins de demander la permission d'aller les voir le lendemain dans la journée.

—Tâche de venir aussi, François; nous nous rencontrerons tous en face du moulin de mon oncle de Cémiane.

FRANÇOIS

—Non, Christine; il faut que je travaille; je passe deux heures chez M. le curé avec Bernard, et je reviens à le maison pour faire mes devoirs. Et toi, est-ce que tu ne travailles pas?

CHRISTINE

—Non, je lis un peu toute seule.

FRANÇOIS

—Mais la personne qui t'a appris à lire ne te donne-t-elle pas des leçons?

CHRISTINE