—Laissez-moi tranquille vous-même, grand Italien, pique-assiette; je veux emmener cette petite sotte, qui n'a pas besoin de vos leçons, et je l'aurai malgré vous.

Paolo saisit Christine, l'enleva et la plaça derrière lui; Mina s'élançant sur lui, reçut un coup de poing qui lui aplatit le nez, mais qui redoubla sa fureur et ses forces; d'un revers de bras elle repoussa Paolo et attrapa Christine, qu'elle tira à elle avec violence.

«Si vous appelez, je vous fouette au sang!» s'écria-t-elle, tirant toujours Christine que retenait Paolo.

Au moment où Paolo, craignant de blesser la pauvre enfant, l'abandonnait à l'ennemi commun, Mina poussa un cri et lâcha Christine. Une main de fer l'avait saisie à son tour et la fit pirouetter en la dirigeant vers la porte avec accompagnement de formidables coups de pied. C'était M. des Ormes, qui, inaperçu de Paolo et de Christine, était entré par une porte du fond, et, assis dans une embrasure de fenêtre, assistait à la leçon. Quand Mina fut expulsée de l'appartement, M. des Ormes rassura Christine tremblante et serra la main de Paolo.

M. DES ORMES

—Ma pauvre Christine, est-ce qu'elle te traite quelquefois aussi rudement que tout à l'heure.

CHRISTINE

—Toujours, papa: mais ne lui dites rien, je vous en supplie: elle me battrait plus encore.

M. DES ORMES

—Comment, plus? Elle te bat donc quelquefois?