—Et que ferai-je de Christine? Ah!... une idée! je vais prendre Paolo pour la garder.

M. DES ORMES

—C'est ridicule et impossible! Mais il est certain que Christine serait bien gardée; Paolo est un homme excellent; on dit beaucoup de bien de lui dans le pays. En attendant que vous ayez une bonne (et il faut absolument en chercher une), dites à votre femme de chambre de soigner Christine.

M. des Ormes sortit, riant à la pensée de Paolo bonne d'enfant. Mme des Ormes sonna, se fit amener Mina, lui donna ses gages, et lui dit de s'en aller de suite. Mina commença une discussion et une justification; Mme des Ormes s'ennuya, s'impatienta, se mit en colère, cria, et, pour se débarrasser de Mina, après une discussion d'une heure et demie, elle lui doubla ses gages, lui donna un bon certificat et promit de la recommander.

IX

GRAND EMBARRAS DE PAOLO

Pendant que Mina faisait ses paquets et se promettait de se venger de Christine en disant d'elle tout le mal possible, Paolo continuait et achevait la leçon de Christine; il fut enchanté de l'intelligence et de la bonne volonté de son élève, qui, dès la première leçon, apprit ses chiffres, ses notes de musique, quelques mots italiens, et commença à former des a, des o, des u, etc. Quand Mme des Ormes entra au salon, elle la trouva rangeant avec Paolo ses livres et ses cahiers.

—Ah! vous voilà, mon cher Monsieur Paolo! Je viens vous demander de me rendre un service.

—Tout ce que voudra la Signora, répondit Paolo en s'inclinant.

—Je viens de renvoyer Mina, que mon mari a prise en grippe; je ne sais que faire de Christine. Aurez-vous la bonté de venir passer vos journées chez moi pour la garder et lui donner des leçons?