Mais, monsieur,... veuillez m'expliquer....»

Jean entrait en ce moment; il apportait un potage et un oeuf frais à un habitué.

L'ÉTRANGER.

Le voilà, ma foi, le voilà! Sac à papier! comme il est déluré! Joli garçon, ma parole! Tais-toi, mon ami Simon, tais-toi! Amène-le de mon côté, et dis-lui de m'apporter une bouteille de bière.»

Simon, fort intrigué, donna à Jean l'ordre d'apporter de la bière à la table n° 6.

Jean apporta la bière, la posa sur la table, regarda le monsieur et poussa un cri.

«Monsieur le voleur! Quel bonheur! le voilà!»

A ce cri, les garçons se retournèrent, la dame du comptoir répéta le cri de Jean, les habitués se levèrent, le plus résolu courut à la porte pour la garder; Simon resta stupéfait, et Jean saisit la main du voleur, qui se leva en riant aux éclats.

«Très bien, mon petit Jean, c'est ce que j'attendais! Oui, messieurs, je suis, comme le dit Jean, un voleur,... mais un voleur pour rire, ajouta-t-il en voyant les garçons et les habitués s'avancer vers lui avec des visages et des poings menaçants. J'ai fait le voleur pour donner de la prudence à ces enfants, qui comptaient leur argent sur la grande route, le long d'un bois. A propos, Jean, où est donc le pleurard que je n'aimais pas, ton cousin Jeannot?