M. Abel raconta en peu de mots sa rencontre avec les enfants, la leçon de prudence qu'il leur avait donnée, et l'ignorance où étaient ces enfants de son nom.

«Au reste, ajouta-t-il, venez m'accompagner et me tenir compagnie jusqu'au café Métis, vous verrez si j'y suis connu.»

Les sergents de ville voulurent se retirer en faisant leurs excuses, mais M. Abel exigea qu'ils l'accompagnassent jusqu'au café. Il y fit son entrée avec cette escorte, mena ses gardiens improvisés à Simon, qui, en le voyant ainsi accompagné, s'élança vers lui pour avoir des explications.

M. ABEL, riant.

Halte-là, mon ami Simon, je pourrais te compromettre! Ces messieurs me prennent pour un voleur! J'ai vu Jeannot, qui a crié au voleur, comme mon petit Jean, et je viens à toi pour me disculper.

SIMON.

Comment, sergents, vous ne connaissez pas monsieur, qui est du quartier? Je le garantis, moi. C'est un de nos habitués, et j'en réponds comme de moi-même.

M. ABEL.

Merci, Simon, je me réclamerai de toi dans tous les embarras où je me mets sans cesse par amour de la farce. Et vous, messieurs les sergents de ville, vous allez accepter un café.»

Et, sans attendre leur réponse: