M. ABEL.

Tant mieux, mon ami, tant mieux. Et as-tu de quoi t'habiller?

JEAN.

Je crois bien, monsieur; Simon me prête un habit et un gilet qui lui sont devenus trop étroits, et un pantalon auquel Mme Métis veut bien faire un rempli de six pouces pour le mettre à ma taille.

M. ABEL, riant.

Mais, mon pauvre garçon, tu flotteras dans tes habits comme un goujon dans un baquet.

JEAN.

Ça ne fait rien, monsieur. Il vaut mieux être trop à l'aise que trop à l'étroit. Je m'amuserai bien tout de même. De la musique! Jugez donc! moi qui n'en ai jamais entendu. Et puis des rafraîchissements! moi qui n'en ai jamais bu. Et des échaudés! des macarons! du vin chaud!

M. ABEL, souriant.

Écoute, Jean; sais-tu que ce que tu m'en dis me fait venir l'eau à la bouche? C'est que j'ai bien envie d'y aller? Ne pourrais-tu pas me faire inviter avec un de mes amis, M. Caïn?