«Le bon Dieu est bon, maman; il nous protégera! dit Jean avec émotion. Et quel bonheur que vous m'ayez appris à écrire! Je vous écrirai toutes les fois que j'aurai de quoi affranchir une lettre!
HÉLÈNE.
Et moi, mon petit Jean, M. le curé m'a promis un timbre-poste tous les mois.... En attendant, voici notre lapin cuit à point, qui ne demande qu'à être mangé.»
Les enfants ne se le firent pas répéter; ils s'assirent sur des escabeaux; chacun prit un débris de plat ou de terrine, ouvrit son couteau et attendit, en passant sa langue sur ses lèvres, qu'Hélène eût coupé le lapin et eût donné à chacun sa part.
Pendant un quart d'heure on n'entendit d'autre bruit dans la salle du festin que celui des mâchoires qui broyaient leur nourriture, des couteaux qui glissaient sur les débris d'assiette, du cidre qui passait du broc dans le verre unique servant à tour de rôle à la mère et aux enfants.
Après le lapin vint la galette; mais les appétits devenaient plus modérés; la conversation recommença, lente d'abord, puis animée ensuite.
«Fameux lapin, dit Jean, avalant la dernière bouchée.
—Quel dommage qu'il n'en reste plus, dit Jeannot en soupirant.
—Et avec quel plaisir vous mangerez demain ce qui en reste! dit Hélène en souriant.
JEAN.