JEANNOT.

Envoie-moi tes habits; je ne te demande pas autre chose.»

Jean soupira et s'en alla lentement en répétant:

«Pauvre Jeannot!»

Simon, auquel il raconta le soir sa conversation avec Jeannot et la scène dont il avait été témoin, alla lui-même porter les habits promis à Jeannot, et causa longuement avec M. Pontois. Quand il rentra, il était soucieux, et, au premier moment où ils se trouvèrent seuls au café son frère et lui, il dit à Jean:

«Je ne suis pas content de Jeannot, et M. Pontois en est fort mécontent. Jeannot ne veut pas y rester, et M. Pontois ne veut pas le garder. C'est malheureux pour Jeannot; il aura de la peine à se replacer. M. Pontois l'accuse de voler un tas de choses qui se mangent; mais, ce qui est pis, c'est que M. Pontois est presque certain que lorsqu'il vend, il ne met pas dans la caisse tout l'argent qu'on lui donne. Ceci me chagrine, car c'est le fait d'un voleur. Et comment puis-je le placer ailleurs avec un pareil soupçon?

JEAN.

Pauvre Jeannot! Mais, Simon, si tu en parlais à M. Abel? Il est si bon! Il te donnerait un bon conseil, j'en suis sûr.

SIMON.

Oui.... tu as raison, cela pourrait être utile à Jeannot. M. Abel connaît tant de monde! et je pense comme toi qu'il est de bon conseil.»