Oh! monsieur, vous avez été pour Simon et pour moi si bon, si bon, que si je ne craignais de vous fâcher, je dirais (ce que je pense, au reste) qu'il n'y a pas de saint meilleur que vous. Et vous seriez méchant pour Jeannot? C'est impossible! Mon bon, cher bienfaiteur, ayez pitié de lui, pardonnez-lui, sauvez-le.
M. ABEL.
Écoute, mon enfant, pour toi, par amitié pour toi, je ferai ce que tu me demandes, mais....
JEAN, en joignant les mains.
Vraiment! Oh! monsieur! Oh! monsieur! Je ne dis rien, mais voyez ce que vous dit mon coeur.
M. ABEL, souriant.
Je vois et je le remercie, mon enfant; mais entendons-nous. Pour le placer, il faut que je sache tout. Parle-moi bien franchement, comme à un ami que tu ne veux pas tromper; réponds seulement aux questions que je vais te faire. Le crois-tu honnête?
JEAN, hésitant et baissant les yeux.
Non, monsieur.
M. ABEL, souriant.