Il commençait à se faire tard; il était temps que Jean se rendit chez ses nouveaux maîtres. Les deux frères s'embrassèrent à plusieurs reprises; Jean descendit l'escalier, la vue un peu troublée par des larmes qui remplissaient ses yeux, malgré ses efforts; et Simon, partagé entre le regret de quitter son frère et le bonheur de sa situation actuelle et à venir.

Les frères se séparèrent au bas de l'escalier. Jean sortit; Simon entra dans le magasin, où il trouva Aimée, qu'il n'avait pas encore vue, à laquelle il avait tant de choses à dire, et dont la sympathie et l'affection dissipèrent promptement le nuage de tristesse que lui avait laissé le départ de Jean.

Celui-ci marchait vite et cherchait à se distraire; en passant devant l'épicerie de Pontois, il se heurta contre Jeannot qui en sortait.

JEAN.

«Ah! où vas-tu si précipitamment, Jeannot?

JEANNOT.

Je vais entrer chez M. le comte de Pufières; une fameuse place, va; des gens très riches; j'ai quatre cents francs de gages pour commencer; habillé comme un prince, nourri comme un roi! Presque rien à faire, et puis des profits.

JEAN.

Quels profits peux-tu avoir?