KERSAC VOIT SIMON, RENCONTRE JEANNOT

Kersac s'émerveilla du bon et copieux déjeuner qu'on leur servit, et ses convives s'émerveillèrent de son appétit infatigable; sa dernière bouchée fut avalée avec le même empressement que la première. Après le repas, Jean lui proposa d'aller chez Simon, ce que Kersac accepta avec plaisir. Jean le mena par le plus beau et le plus court chemin, les Champs-Élysées, la place de la Concorde et la rue de Rivoli. Il lui fit voir en passant l'hôtel Meurice, où demeurait son cher M. Abel, puis l'épicerie où avait été Jeannot; puis, dans la rue Saint-Honoré, le café où lui-même était resté près de trois ans et Simon sept ans. Ils arrivèrent, non sans peine, chez Simon, car Kersac s'arrêtait à chaque pas pour admirer les boutiques, les voitures, les bâtiments; tout était pour lui nouveau et merveilleux.

Jean monta rapidement les deux étages de Simon: Kersac le suivit plus modérément. Simon venait de finir son déjeuner-dîner et se préparait à descendre au magasin.

«Simon, voici M. Kersac qui vient te voir, s'écria Jean en entrant chez son frère.

SIMON.

Monsieur Kersac! Que vous êtes bon, monsieur, de faire ce grand voyage pour moi!

KERSAC.

Pour vous, mon ami, et pour Jean et pour votre mère.

JEAN.

Maman va devenir la femme de M. Kersac. Il me l'a dit tantôt; et il sera mon père! C'est drôle, ça, n'est-ce pas?