«Lâchez, Kersac, lâchez; l'accès est fini; quand il rit, il n'y a plus de danger.»
Kersac lâcha, et, repoussé par Caïn, il retomba sur la petite dame, qu'il écrasait de son poids sans pouvoir se relever; deux fois il essaya, deux fois il retomba.
«Au secours! j'étouffe!» s'écria la dame.
M. Abel eut pitié d'elle; il enleva Kersac de sa poigne vigoureuse, aida la petite dame à s'arranger tant bien que mal. Elle avait eu à peine le temps de remettre en place nattes, chignon et crépons, et de rattacher sa robe avec quelques épingles, que le convoi arrêta; la dame ouvrit la portière et se précipita hors du wagon; le désordre de sa toilette attira tous les regards; elle disparut, mais, peu d'instants après, un employé ouvrit la portière.
«Messieurs, dit-il, qu'avez-vous fait à cette dame qui vient de quitter le wagon? Elle se plaint d'un fou qui a manqué la mettre en pièces. Avez-vous réellement un fou parmi vous?
CAÏN.
Mais pas du tout; c'est elle qui est folle, qui se jette sur les gens, qui crie, qui croit qu'on va la massacrer.
L'EMPLOYÉ.
Cela me paraît louche, tout de même; sa robe est terriblement fripée; son chapeau est bien déformé; sa cage est toute démantibulée.