VII
VISITE A KÉRANTRÉ
Pendant que Jean et Jeannot avançaient avec une vitesse dont ils n'avaient eu jusque-là aucune idée, Kersac roulait vers son domicile aussi vite que son cheval pouvait le traîner; il arriva à Vannes et s'y arrêta deux heures pour régler la livraison de ses petits cochons; il en chargea une partie dans sa carriole, et promit d'envoyer prendre le reste le lendemain.
«Puis, pensa-t-il, je pousserai jusqu'à Kermadio; je ferai affaire pour le reste de leurs petits cochons, et je reviendrai par Kérantré pour voir la mère de Jean. Si je pouvais trouver en route une fille de ferme, j'en serais bien aise; mon temps aura été bien employé de toutes manières.»
Kersac fit comme il l'avait dit, malgré l'enflure et la douleur au pied qui étaient un peu revenues et qui gênaient ses mouvements. Il fit des marchés avantageux à Kermadio; le propriétaire était large en affaires et se contentait d'un gain fort restreint. Il reprit ensuite le chemin de Kérantré, et ne tarda pas à y arriver et à trouver la maison d'Hélène, qu'il devina au premier coup d'oeil, d'après la description que Jean lui en avait faite.
Voyant au bord de la route, près d'un bouquet d'arbres, une maisonnette entourée de lierre, il arrêta son cheval et, s'adressant à une jolie petite fille de cinq à six ans qui jouait devant la maison:
«N'est-ce pas ici que demeure la veuve Hélène Dutec?»
La petite fille se releva, le regarda en souriant et répondit:
«Je ne sais pas, monsieur.
KERSAC.