LE GÉNÉRAL.—Ceci vous regarde, mon bon curé, parlez-en avec elle quand Dérigny et moi nous n'y serons plus. L'affaire se terminera promptement en la poussant, vivement.

La conversation fut interrompue par Elfy, Moutier et les enfants qui revenaient près du général; Elfy avait des larmes dans les yeux.

ELFY.—Mon bon général, que de reconnaissance! Il n'est pas possible d'être meilleur, plus généreux, plus paternel que vous ne l'avez été pour moi et pour Joseph. Que de choses vous nous donnez! Et avec quelle grâce, quelle bonté aimable!

Elfy. saisit une de ses mains et la lui baisa à plusieurs reprises.

LE GÉNÉRAL.—Mon enfant, laissez-moi. Je vais pleurer si vous continuez; je n'en puis plus! Laissez-moi, vous dis-je, Moutier!

Moutier saisit son autre main, et, la serrant à la briser posa ses lèvres.

MOUTIER.—Mon général, je n'ai jamais baisé la main d'aucun homme; la vôtre est pour moi celle d'un bienfaiteur, d'un père.

LE GÉNÉRAL.—Tiens, vous dites comme Torchonnet. Moutier sourit; les larmes d'Elfy firent place à un rire joyeux, et l'attendrissement du général se dissipa comme par enchantement.

LE GÉNÉRAL.—Ouf! c'est fini! Je suis content. Voyez un peu la jolie figure que j'aurais faite, pleurant avec Elfy et Moutier. Sapristi! je sue d'y penser. Un général en grand uniforme pleurant comme un enfant qui a reçu le fouet! A présent, mes bons amis, vous avez tout vu, vous êtes bien contents comme moi, mais bien fatigués comme moi, et vous avez besoin d'être seuls comme moi. Laissez-moi renvoyer tout ce monde; promenez-vous tout doucement sur vos terres en causant et laissez-moi surveiller le retour de l'ordre dans votre maison... Pas de réplique! Je veux ce que je veux. Envoyez-moi Dérigny et les enfants; dites que je désire qu'on s'en aille, et demandez au notaire de venir me parler.

Elfy baisa la main du général en signe de soumission et alla avec Moutier exécuter ses ordres. Bientôt la foule défila devant lui, et à chacun il disait: