L'AUBERGISTE.—Vous ne trouverez pas une meilleure auberge dans tout le village, Monsieur.

MOUTIER.—Tant mieux pour ceux que vous logerez. L'AUBERGISTE.—Vous n'allez pas me faire l'affront de me refuser le logement que je vous offre.

MOUTIER.—Vous m'avez bien fait l'affront de me refuser celui que je vous demandais.

L'AUBERGISTE.—Mon Dieu, c'est que je ne vous avais pas regardé; j'ai parlé trop vite.

MOUTIER.—Et moi aussi je ne vous avais pas regardé; maintenant que je vous vois, je vous remercie d'avoir parlé trop vite, et je vais ailleurs.

Moutier, lui tournant le dos, se dirigea vers une autre auberge de modeste apparence qui se trouvait à l'extrémité du village, laissant le premier aubergiste pâle de colère et fort contrarié d'avoir manqué une occasion de gagner de l'argent.

II

L'ange-gardien.

«Y a-t-il du logement pour moi, pour deux mioches et pour mon chien?» recommença Moutier à la porte de L'auberge.

—Entrez, Monsieur, il y a de quoi loger tout le monde, répondit une voix enjouée.