Mme Papofski rougit, entra et se trouva en face de Mme Dérigny et des enfants, qui achevaient les derniers embellissements dans la chambre de la nièce du général. Mme Dérigny salua; Jacques et Paul firent leur; petit salut; Mme Papofski leur jeta un regard hautain, fit une légère inclinaison de tête et passa. Le général, mécontent du froid accueil fait à ses favoris, fit un demi-tour, se dirigea, sans prononcer un seul mot, vers la porte de la chambre, après avoir fait à Mme Dérigny et à ses deux enfants signe de le suivre, et sortit en fermant la porte après lui.
Il retrouva dans le corridor les huit enfants de Mme Papofski, rangés contre le mur.
Le général: «Que faites-vous donc là, enfants?»
Sonushka: «Mon oncle, nous attendons que maman nous permette d'entrer.»
Le général: «Comment, imbéciles! vous ne pouvez pas entrer sans permission?»
Mitineka: «Oh non! mon oncle: maman serait en colère.»
Le général: «Que fait-elle quand elle est en colère?»
Yégor: «Elle nous bat, elle nous tire les cheveux.»
Le général: «Attendez, mes amis, je vais vous faire entrer, moi; suivez. moi et ne craignez rien. Jacques et Paul, faites l'avant-garde des enfants: vous aiderez à les établir chez eux.»
Le général avança jusqu'à la porte qui donnait dans l'appartement des enfants, et les fit tous entrer; puis il alla vers la porte qui communiquait à la chambre de sa nièce, l'entr'ouvrit et lui dit à très haute voix: