ALCIDE.—Qu'est-ce que cela te fait? Ce Julien est un petit drôle, c'est ton plus grand ennemi; il travaille à prendre ta place dans la maison et à t'en faire chasser. Crois bien ce que je te dis. Tu le verras avant peu.
FRÉDÉRIC.—Comment? Tu crois que Julien...?
ALCIDE.—Je ne crois pas, j'en suis sûr. C'est un vrai service d'ami que je te rends... Mais parlons d'autre chose. As-tu envie d'avoir une montre?
FRÉDÉRIC.—Je crois bien! Une montre! C'est qu'il faut beaucoup d'argent pour avoir une montre! Et toi-même, tu n'en as pas, malgré tout ce que tu as chipé à tes parents et à d'autres.
ALCIDE.—Je n'en ai pas parce que je n'ai jamais eu une assez grosse somme à la fois. Mais à présent que nous avons de quoi, il faut que chacun de nous ait une montre. Allons chez un cousin horloger que je connais.
FRÉDÉRIC.—Mais si on nous voit des montres, on nous demandera qui nous les a données.
ALCIDE.—Eh bien, la réponse est facile. Le bon Anglais, l'excellent M. Georgey.
FRÉDÉRIC.—Et si on le lui demande à lui-même?
ALCIDE.—Est-ce qu'il sait ce qu'il fait, ce qu'il donne? D'ailleurs il ne comprendra pas, ou bien on ne le comprendra pas.
FRÉDÉRIC.—J'ai peur que tu ne me fasses faire une mauvaise chose et qui n'est pas sans danger, car si nous sommes découverts, nous sommes perdus.