FRÉDÉRIC.—J'y suis depuis trois mois, Monsieur; je suis bien malade de la fièvre, qui ne veut pas me quitter. Si je pouvais changer d'air, retourner au pays, il me semble que je guérirais bien vite.

M. GEORGEY.—Il fallait, mon brave Fridric; il fallait.

FRÉDÉRIC.—Mais je ne peux pas, Monsieur; c'est difficile à obtenir, et je ne connais personne qui puisse faire les démarches nécessaires.

M. GEORGEY.—Et lé brave colonel?

FRÉDÉRIC.—Le régiment a été envoyé à Napoléonville, Monsieur. J'en suis bien loin.

M. GEORGEY.—Et quoi tu es? brigadier toujours?

FRÉDÉRIC.—Non, Monsieur, je suis maréchal des logis et porté pour la croix; mais je crains bien de ne jamais la porter.

M. GEORGEY.—La croix! Maréchal des logis! C'était joli! Maréchal des logis et la croix à vingt et un ans! Jé démandais pour toi; jé obtiendrai; jé t'emmener avec moi! Jé té mener à Madme Bonarde.»

Frédéric lui serra les mains; son visage rayonna de bonheur. Il le remercia chaudement.

Huit jours après, M. Georgey lui apportait un congé d'un an. Il s'occupa ensuite du passage sur un bon bâtiment et des provisions nécessaires pour le voyage. Quinze jours plus tard, M. Georgey et Frédéric débarquaient à Toulon. Ils n'y restèrent que vingt-quatre heures, pour y prendre quelque repos. Frédéric écrivit à sa mère pour lui annoncer son arrivée avec M. Georgey.