La fin du congé de Frédéric approchait, il ne restait plus que trois mois de cette bonne vie de famille; il regrettait souvent de ne pouvoir la continuer jusqu'à la fin de sa vie.

«Mais, disait-il, faut que je fasse mon temps; j'ai encore trois années de service.»

Mme Bonard pleurait; Frédéric cherchait à la distraire, mais plus le moment approchait, plus la tristesse augmentait, et plus Frédéric se sentait disposé à la partager.

«Ah! si j'avais dix-huit ans, disait Julien, comme je partirais à ta place! Et avec quel bonheur je vous donnerais à tous ce témoignage de ma reconnaissance.

FRÉDÉRIC.—Tu aimerais donc la vie de soldat?

JULIEN.—Non, pas à présent. Mais si c'était pour t'en débarrasser, je l'aimerais plus que tout autre état.»

M. Georgey ne disait rien; quelquefois il vantait l'état militaire.

«C'était magnifique! disait-il. C'était si glorieux!»

Un jour, au moment du dîner. M. Georgey présenta une lettre à Frédéric.

M. GEORGEY.—C'était lé colonel; il demandait lé nouvelles de ta santé.