MADAME BONARD.—Vous le reconnaîtrez tout de même, puisqu'il n'y a que lui qui garde mes dindes dans le champ. Le long du bois, puis à gauche.
CAROLINE.—C'est entendu; et je payerai Julien?
MADAME BONARD.—Comme vous voudrez; nous nous arrangerons.»
Caroline partit; elle prit le chemin que lui avait indiqué Mme Bonard, et trouva Julien avec son troupeau.
VI
LES PIECES D'OR DE M. GEORGEY
A mesure que Caroline approchait, Julien la regardait et s'inquiétait; craignant quelque nouvelle aventure, il fit avancer ses dindons à grands pas. Mais Caroline marchait plus vite que les dindons; elle ne tarda pas à le rejoindre. Elle examina attentivement les bêtes pour avoir la plus belle.
L'inquiétude de Julien augmenta; il ne quittait pas des yeux Caroline, et fit siffler sa baguette pour lui faire voir qu'il était prêt à défendre à main armée le troupeau dont il avait la garde.
Caroline n'y fit pas attention; elle ne se doutait pas de la méfiance dont elle était l'objet.
Mais quand Julien la vit se baisser pour saisir la dinde qu'elle avait choisie, il lui appliqua un coup de sa baguette sur les mains et s'avança sur elle d'un air menaçant. Caroline poussa un cri.