MADAME BLONDEL.—Laissez donc! Tout ça, c'est des bourdes qu'on nous fait avaler... Mais nous voici arrivées; nous n'avons pas rencontré Frédéric, il n'est donc pas parti.»
Elles entrèrent dans la cour de la ferme.
MADAME BONARD.—Tiens! où est donc Frédéric? Je pensais le trouver à la barrière.
MADAME BLONDEL.—C'est qu'il est dans la maison, sans doute.»
Mme Bonard entra la première; elle ôta son châle, le ploya proprement et voulut le serrer dans l'armoire. Elle poussa un cri qui épouvanta Mme Blondel.
MADAME BLONDEL.—Qu'y a-t-il? vous êtes malade? Vous vous trouvez mal?»
Mme Bonard s'appuya contre le mur; elle était pâle comme une morte.
«Volés! volés, dit-elle d'une voix défaillante. L'armoire brisée! la serrure arrachée!»
Mme Blondel partagea la frayeur de son amie, toutes deux criaient, se lamentaient, appelaient au secours, mais personne ne venait; comme l'avait dit Mme Blondel, tout le pays était à la foire.
Ce ne fut que longtemps après qu'elles visitèrent l'armoire et qu'elles s'assurèrent du vol qui avait été commis.