LE GARÇON.—M'sieur veut dire une cuisse?
M. GEORGEY.—Oh! dear! shocking! Moi pas dire cé parole malpropre. On disait: un jambe.»
Le garçon alla exécuter sa commission au milieu d'un rire général. Quand les plats demandés furent apportés, M. Georgey donna un perdreau à Julien, un à Frédéric et à Alcide, et en mangea lui-même trois. Il avala d'un trait la bouteille de vin qu'il avait devant lui, après en avoir versé dans le verre de Julien, coupa trois tranches de chevreuil qu'il passa à ses convives, et mangea le reste. Alcide remplissait sans cesse le verre de l'Anglais, qui buvait sans trop savoir ce qu'il avalait. Alcide commença à mélanger le vin blanc au vin rouge pour le griser plus sûrement. Julien buvait le moins qu'il pouvait.
M. Georgey appela:
«Garçone!
LE GARÇON.—Voilà, M'sieur!
M. GEORGEY.—Apportez vitement, champagne, madère, malaga, cognac. Vitement; j'étouffais, j'avais soif.»
M. Georgey ne s'apercevait pas du manège d'Alcide, du mélange des vins, et du nombre de verres qu'il lui versait sans cesse.
Le reste du dîner fut à l'avenant; M. Georgey demanda encore des bécasses, des légumes, quatre plats sucrés, des fruits de diverses espèces, des compotes, des macarons, des biscuits, un supplément de vin.
Quand il demanda la carte, qui était de quatre-vingt-dix francs, il dit: