MADAME BONBECK.—Hem! hem! la Courtemiche va vous faire payer une voiture et sa route jusqu'à Paris.
BOGINSKI.—Moi pas payer; moi et camarade pas d'argent.
MADAME BONBECK.—Ce n'est pas une raison, mon ami; avec une Courtemiche, il faut faire de l'argent.
BOGINSKI.—Moi veux bien; mais comment?
MADAME BONBECK.—Nous verrons cela demain. Soyez tranquilles, mes amis, je ne vous laisserai pas pourrir en prison.
Les Polonais, suivant le conseil de Mme Bonbeck, restèrent fort tranquilles; Prudence continua à se désoler, à s'inquiéter pour ses jeunes maîtres; Mme Bonbeck prit son violon; les Polonais profitèrent d'une sonate qu'elle s'acharnait à écorcher en mesures ou hors de mesures, pour s'échapper et faire une promenade dans les rues. Simplicie resta dans sa chambre s'ennuyant, bâillant, pleurnichant et… regrettant Gargilier.
Le lendemain Mme Bonbeck, escortée des Polonais, de Prudence et de Simplicie, et tenant Folo en laisse, partit pour le Palais où se tenait la police correctionnelle; ils attendirent longtemps; on jugeait d'autres causes.
Enfin on les introduisit dans la salle; leur entrée causa quelque surprise, vu l'étrangeté des figures. Mme Courtemiche et Chéri-Mignon occupent le banc des plaignants. Mme Bonbeck et sa suite s'assoient sur le banc des prévenus.
Le président du tribunal va parler; un grognement, puis un aboiement se font entendre. C'est Chéri-Mignon qui récuse le témoin Folo.
L'HUISSIER.—Silence, Messieurs!