COLÈRE DE MADAME BONBECK

Pendant que Simplicie se rendait chez Mme de Roubier Mme Bonbeck attendait au salon que Boginski eût revêtu les beaux habits qu'elle lui avait fait faire; elle-même avait fait une toilette soignée; ses cheveux gris étaient ornés d'un bonnet de gaze et de fleurs, sa robe était en soie brochée d'émeraude; ses mains ridées étaient cachées par des gants blanc en peau de daim, et ses pieds étaient chaussés de bas chinés et de souliers de peau, plus fins que ceux qu'elle mettait habituellement. Boginski entra, bien peigné, bien cravaté, bien habillé.

—C'est bien, mon ami, lui dit-elle après l'avoir inspecté, vous êtes très bien comme cela. Allez voir si Simplicie est prêtes et envoyez chercher un fiacre.

Boginski revint la mine effarée.

Mâme Bonbeck, Mam'selle partie. Coz parti; personne chez eux.

MADAME BONBECK.—Partis! Comment, partis! Où partis?

BOGINSKI.—Moi pas savoir, Mâme Bonbeck. Trouvé personne, chambre vide.

MADAME BONBECK.—Mon ami, je vous ai déjà dit de ne pas toujours répéter
Bonbeck. Cela m'agace je n'aime pas cela. Allez me chercher Prudence
Je vais lui laver la tête d'importance. A-t-on jamais vu une sotte
pareille, qui laisse courir cette péronnelle avec ce Polonais roux!

Boginski avait disparu aussitôt après avoir reçu l'ordre de chercher
Prudence; il rentra comme elle finissait de parler.

BOGINSKI.—Madame, Prudence partie, personne! chambre vide!