—Simplette! cria-t-elle; Prude! Coz! Comment diable êtes-vous ici?

Et, redevenant douce comme un agneau, elle fit des excuses à droite, à gauche, devant, derrière, se retira au dernier rang avec Boginski, qui suait à grosses gouttes, et continua à appeler de sa voix la plus douce Simplette Prude et Coz,

Simplicie, terrifiée, supplia Prudence de l'emmener; Prudence, plus effrayée encore que sa jeune maîtresse, ne pouvait faire un mouvement ni prononcer une parole. Coz regardait Mme Bonbeck d'un air féroce et Boginski d'un air de reproche. Boginski ne voyait ni n'entendait, tant il était honteux de la scène qui venait de se passer. Mme Bonbeck continuait à appeler Simplette, Prude et Coz d'un ton plus élevé.

—Taisez-vous donc, vieille folle! lui dit un vieux monsieur qu'elle importunait.

MADAME BONBECK.—Je ne veux pas me taire, moi; je n'ai d'ordre à recevoir de personne. Je n'empêche personne de parler, et je veux parler si cela me plaît.

LE MONSIEUR.—Vous devez vous taire comme nous faisons tous. Vous n'avez pas le droit de troubler la représentation.

MADAME BONBECK.—Je veux avoir ma nièce, et je l'aurai.

LE MONSIEUR.—Quelle nièce? Vous êtes arrivée en tête-à-tête avec cet infortuné qui sue sang et eau, tant il est honteux.

Mme Bonbeck se tourna vers Boginski.

—Venez ici, près de moi, mon garçon. Pas vrai, vous n'êtes pas honteux?