Innocent vint se placer devant lui, le regard calme, le front haut.
—Monsieur Oursinet, venez. Monsieur, venez donc.
Oursinet s'approche lentement la tête inclinée, les yeux à demi baissés.
Coz fait quelques pas; ses yeux lancent des éclairs.
—Monsieur Gargilier, votre innocence est parfaitement reconnue. Il m'a été démontré que Félix Oursinet s'est servi de votre nom pour, dévorer des masses de friandises, et que vous ne devez rien au père Frimousses.
Coz se retire au fond de la chambre.
—Monsieur Oursinet, il m'est prouvé que vous êtes un menteur, un voleur, un lâche calomniateur; que votre présence est une humiliation pour vos camarades et une honte pour ma maison; en conséquence, je vais vous faire conduire au cachot et je vais faire prévenir vos parents afin qu'ils viennent vous chercher dès ce soir.
Coz se frotte les mains.
—Grâce! grâce! Monsieur, s'écria Oursinet tombant à genoux. Ne dites rien à mes parents, je vous en supplie, ils me battront, ils m'enfermeront…
—Lâche! dit le maître avec indignation, vous tremblez devant la punition que vous avez si bien méritée, et vous n'avez pas craint de faire passer Gargilier pour un gourmand, un menteur, un trompeur. Votre terreur ne m'inspire aucune pitié.