Coz se résigna à attendre; Prudence le chargea d'avoir soin d'Innocent pendant qu'elle irait informer Mme de Roubier de ce qui venait d'arriver, et lui demander conseil sur ce qu'il y avait à faire pour ravoir Simplicie.
Boginski courait à la rue de Godot, pendant que Simplicie courait à la rue de Grenelle. Elle avait souvent parcouru la distance qui la séparait de Mlles de Roubier; elle s'était promenée plusieurs fois aux Tuileries, de sorte qu'elle trouva facilement son chemin; elle traversait les Tuileries comme une flèche, lorsqu'elle se sentit arrêtée; un sergent de ville l'avait saisie par le bras: il la prenait pour une voleuse qui s'échappait.
—Où courez-vous donc si vite, la belle? On dirait, que vous avez cent diables à vos trousses.
—Oh! laissez-moi, laissez-moi! elle va venir, elle va me reprendre; elle me battra, me tuera, dit Simplicie avec détresse.
—Qui cela, elle? dit le sergent de ville surpris.
—Elle, ma tante! Oh! je vous en prie, laissez-moi. Si elle m'attrape, je suis perdue.
—Au contraire, la belle, vous êtes retrouvée.
—Au secours! laissez-moi; je veux voir ma bonne.
—Où est-elle votre bonne? Pourquoi vous êtes-vous sauvée?
—Je ne me suis pas sauvée, c'est ma tante qui ma volée; ma bonne, est chez Mme de Roubier.