—Mon ami! mon bon ami! s'écria Mme Bonbeck en se jetant au cou de
Boginski surpris et enchanté. Vous aimez la musique! c'est admirable!
Nous ferons de la musique ensemble.

—Tout le jour, si plait à Madame, répondit Boginski; moi jamais fatigué pour musique.

MADAME BONBECK.—Mon cher ami! Quel bonheur! Comme je vous remercie de
vouloir bien loger chez moi! Mais riez donc, vous autres! Ris donc,
Simplette; ris, nigaud; ris diable de Coz… Que sais-tu toi, mon pauvre
Coz?

COZRGBRLEWSKI.—Moi sais relier livres, graver musique.

MADAME BONBECK.—Graver musique! Mais c'est une bénédiction! Vous allez me graver des sonates écrites à la main, vieilles mais superbes, admirables. Nous les vendrons, nous gagnerons de l'argent; car je ne suis pas riche, moi mes chers, mes bons amis, et je ne pourrais pas vous garder longtemps si vous ne gagniez pas quelque argent.

INNOCENT.—Ma tante, je voudrais bien sortir après dîner.

MADAME BONBECK.—Pour aller où, nigaud?

INNOCENT.—Pour porter à la pension la lettre de papa.

—MADAME BONBECK.—Tu es bien pressé, mon garçon; mais je ne te retiens pas. Va où tu voudras, restes-y si tu veux; emmène Simplette avec toi; je garde mes Polonais, moi.

INNOCENT.—Mais, ma tante, nous ne savons pas le chemin; nous voudrions un Polonais pour nous mener.