—Comment et pourquoi alors êtes-vous à Paris? s'écrièrent les enfants.
Simplicie ne savait que répondre; là encore elle commençait à voir le tort qu'elle avait eu; elle ne savait comment expliquer son voyage, et elle se taisait, roulant son mouchoir entre ses tenant les yeux baissés, commençant un mot, puis un autre; enfin elle eut la pensée de mettre son voyage sur le dos de sa tante.
Ma tante ne nous connaissait pas; elle désirait nous voir. On nous a envoyés chez elle avec ma bonne, Prudence.
MARGUERITE.—Je. vous plains, pauvre Simplicie; c'est un grand chagrin pour vous d'être séparée de votre maman et de votre papa.
SOPHIE.—Pourquoi ayez-vous accepté? Il fallait dire à à votre maman que vous ne vouliez pas; on ne vous aurait pas envoyée de force.
SIMPLICIE.—C'est que…, c'est que… Innocent et moi, nous avions envie de voir Paris.
Les enfants la regardèrent avec surprise, et, malgré le silence qu'elles gardèrent toutes, Simplicie devina sans peine que ce silence même était un blâme, que ces demoiselles trouvaient qu'elle avait eu tort, et que si elles ne le lui disaient pas, c'était par politesse.
—Asseyez-vous donc, Simplicie, lui dit enfin Clara. Voyez les jolies fleurs que nous faisons. Vous pourrez nous aider en coupant les bandes de papier vert, en arrangeant les queues, les boutons, les feuilles.
Après avoir travaillé quelque temps Simplicie leur demanda:
—Comment avez-vous pu faire ces jolies fleurs toutes seules?