CLARA.—Crois ce que tu voudras, mais ne le dis pas.
SOPHIE.—Ce qui veut dire que tu crois tout comme moi, mais que par bonté tu fais semblant de croire le contraire.
MARGUERITE.—Et quand cela serait, Sophie, c'est d'autant plus beau à
Clara, et tu ne devrais pas la taquiner là-dessus.
SOPHIE.—Je te prie, toi, de ne pas me prêcher; tes sermons me mettent toujours en colère.
MARGUERITE.—Parce que je dis vrai et que tu n'as rien à répondre, ma belle amie.
SOPHIE.—Parce que vous avez le talent d'impatienter, Mademoiselle, et que vous parlez sans savoir ce que vous dites, comme une corneille qui abat des noix.
MARGUERITE.—Où Mademoiselle à-t-elle entendu des corneilles parler?
SOPHIE.—Laisse-moi tranquille! Tu m'ennuies.
Marguerite allait répliquer, mais Clara et Marthe l'engagèrent à ne pas continuer la dispute; elles en dirent autant à Sophie; une fois apaisée, elle se mit à rire et embrassa affectueusement Marguerite, qui venait se jeter à son cou. Les enfants racontèrent à leurs mamans la visite de Simplicie, et leur terreur mal fondée; Sophie compléta le récit imparfait de ses amies en décrivant la toilette de Simplicie, en blâmant son séjour à Paris, en riant de la figure et du langage du Polonais et de Prudence. Mme de Roubier mit fin à son caquet en lui reprochant son peu d'indulgence; elle trouva pourtant que l'invitation de Clara était un peu trop charitable.