LE PORTIER.—C'est possible! Mais, tout de même, Je ne serais pas fâché d'avoir mon argent: si demain je ne suis pas payé; je fais du bruit.
L'ÉLÈVE.—Vous serez payé demain, c'est moi qui vous le dis.
LE PORTIER.—Avec ça que vous êtes de bonne paye, vous qui n'avez jamais un sou! C'est toujours les autres qui payent pour vous.
L'ÉLÈVE.—Qu'est-ce que ça vous fait, puisque, au total, vous n'y perdez jamais rien! Je fais aller votre commerce, moi.
LE PORTIER.—Et vous vous nourrissez bien, aussi. Voilà que vous avez mangé la moitié des provisions de votre protégé. Comment l'appelez-vous, ce brave garçon?
L'ÉLÈVE.—Gargilier! Une bonne pratique, allez! Bête comme il n'y en a pas; niais comme on n'en voit pas, un vrai Jocrisse.
LE PORTIER.-Bien, bien, on en fera son profit; merci, Monsieur.. Tout de même ne mangez pas tout.
L'ÉLÈVE.—Non, non, je n'en mange que juste la moitié; le reste est pour lui.
L'élève partit en courant, et remit aux mains impatientes d'Innocent cinq croquets, une pomme, dix noix et une tarte.
L'ÉLÈVE.—Tiens, Gargilier, tu vas te régaler; j'en ai pris beaucoup, tu en auras pour deux ou trois jours; alors tu me redois un franc quinze, que j'ai payés pour toi.