LE JARDINIER.—Malade, je n'en sais rien; mais je crois bien qu'elle va mourir.

—Ah! mon Dieu! s'écria Sophie.

PAUL, _bas.—_Ne t'effraie pas; il ne sait ce qu'il dit. Il croit que les tortues sont comme les chats, qui n'aiment pas l'eau.

Ils étaient revenus sur l'herbe; le jardinier posa doucement la tortue et retourna à son potager. Les enfants la regardaient de temps en temps, mais elle restait immobile; ni sa tête ni ses pattes ne se montraient. Sophie était inquiète; Paul la rassurait.

«Il faut la laisser faire comme elle veut, dit-il; demain elle mangera et se promènera.»

Ils la reportèrent vers le soir sur son lit de foin et lui mirent des salades fraîches. Le lendemain, quand ils allèrent la voir, les salades étaient entières; la tortue n'y avait pas touché.

«C'est singulier, dit Sophie; ordinairement elle mange tout dans la nuit.

—Portons-la sur l'herbe, répondit Paul; elle n'aime peut-être pas la salade.»

Paul, qui était inquiet, mais qui ne voulait pas l'avouer à Sophie, examinait attentivement la tortue, qui continuait à ne pas bouger.

«Laissons-la, dit-il à Sophie; le soleil va la réchauffer et lui faire du bien.»